Des projets web se sont orientés vers l’immortalité numérique pour que les proches continuent à communiquer avec les défunts.

Redonner la vie aux morts par les applications de l’Intelligence Artificielle, tels sont les objectifs de ces projets qui ne sont pas toujours bien appréhendé par le grand public au regard des considérations culturelles, religieuses et personnelles. Tout est parti des personnes qui ont perdu des êtres chers et qui voudraient toujours entendre la voix, les humeurs, les coups de gueules de l’être disparu. Eugenia Kuyda qui en 2015 perd son petit ami dans un accident de circulation veut continuer à voir Roman, son ami proche revivre. Elle crée donc un chatbot de lui. De cet ami est né donc l’application Replika basée sur l’Intelligence Artificielle. Eugenia Kuyda s’exprime dans un mail en disant: « Je voulais lui raconter des choses dont je n’ai pas été capable de lui dire de son vivant et lui raconter son histoire à lui. J’ai rassemblé environ 10 000 de ses messages personnelles. Avec l’aide d’un brillant ingénieur en Intelligence Artificielle de notre équipe, Artem, nous avons mis sur pied un bot qui replique la façon dont avait l’habitude s’exprimer. » Avec plus de 200 000 utilisateurs actifs, Replika a levé onze millions de dollars auprès des investisseurs parmi lesquels Phil Libin, l’incubateur des start-ups Y Combinator et All Turtles.

Certains de ces sites web en dehors de créer des robots sensés dupliquer l’être cher, crées des avatars virtuels de défunts pour que les proches restés en vie puissent faire des vidéos chat avec eux. Le site web Eterni.me, une start-up lancée par des ingénieurs et designers qui fait partie du programme de développement de l’Entreprenariat du MIT a développé un moyen basé sur l’IA par lequel un individu peut être « digitalement » reconstruit après sa mort. Selon le site, « Eterni.me collecte tout ce que vous avez pu créer durant toute votre vie et encapsule cette grande quantité d’informations en utilisant des algorithmes complexes de l’IA ». Ces données génèrent un « Moi virtuel »; une sorte d’avatar de votre personnalité avec laquelle vos proches -membres de votre famille et amis- vont continuer à interagir avec vous après votre décès. Le service a besoin de vos données constituées d’emails, de photos, de videos et des journaux de connections sur vos réseaux sociaux. Depuis son lancement en 2014, Eterni a recu plus de quarante mille abonnés.

Eternime

Un autre projet LifeNaut, mis sur pied par Terasem Movement Foundation, est une sorte d’archive digital sous la forme de « rappel mémoire de vous » basée sur vos caractéristiques essentielles qui fondent votre MOI (Personne-Personnalité-Personnage). Le service tout comme Eterni va puiser et stocker les données de Facebook, Twitter, e-mail, photos, video, informations de localisation, adresse physique et même Google Glass et par la suite vous devez créer une liste de personnes qui auront accès à votre compte après votre décès pour continuer à vous faire vivre virtuellement cette fois-ci.
Le vocabulaire de LifeNaut parle de « MindFile ». Ce dernier est une base de données de vous sous la forme de vidéo, image, audio et de documents divers qui peuvent être sauvegardés, trouvés, téléchargés et partagés avec vos amis. Chaque compte sur le service est lié à un avatar interactif qui devient plus que vous autant vous l’entrainer à penser comme vous. L’objectif étant de vous recréer par vous même avant votre décès afin que vos proches puissent ne pas douter de vous. Le service va plus loin en proposant de stocker une copie de votre profil génétique ADN.

LifeNaut

LivesOn vous promet de continuer à twitter après votre décès. Encore l’intelligence Artificielle mise à rude épreuve pour analyser vos fils tweeters en décryptant vos goûts et votre syntaxe lors de vos tweets quand vous êtes en vie. Le service vous demande d’ajouter un légataire qui va activer votre après vie après votre mort.

Ces projets nous rappellent l’épisode « be right back » de la série BlackMirror diffusé sur Netflix où un clone de ton proche décédé est crée à partir de ses conversations en ligne, photos et vidéos; en un mot recréer un mort avec les TIC. Malheureusement, tout ne se termine pas bien.
Marius Ursache le fondateur de Eterni précise ceci: « Nous ne cherchons pas à remplacer un personne décédée ». Un autre critique voudrait bien savoir comment les données personnelles d’un abonné seront utilisées après son décès. Des questions liées à l’éthique qui peuvent plutôt retourner ses projets vers la recherche dans les laboratoires ne manquent pas. La morale pour certains, ne voudraient pas qu’on s’entretienne ou on communique de quelques façons que ce soient avec les défunts.

http://www.limko.cm/wp-content/uploads/2020/03/Eternime-Screenphone.jpghttp://www.limko.cm/wp-content/uploads/2020/03/Eternime-Screenphone-150x150.jpgGilles TounsiInternetProjetsafter life,etermine,immortal,lifenaut,livesOnDes projets web se sont orientés vers l'immortalité numérique pour que les proches continuent à communiquer avec les défunts. Redonner la vie aux morts par les applications de l'Intelligence Artificielle, tels sont les objectifs de ces projets qui ne sont pas toujours bien appréhendé par le grand public au regard...