Le schéma universel de la prévention des catastrophes dans sa phase 1 n’a pas été suivi.

43 morts selon le bilan officiel du drame qu’a connu la ville de Bafoussam principalement au quartier Gouache dans la nuit du 28 au 29 octobre 2019. Le première question qu’on aurait pu se poser c’est de savoir si on aurait pu éviter ce drame.
Nous avons trois ministères qui s’occupent des problèmes fonciers au Cameroun. Il y a le Ministère l’Habitat et du Développement Urbain, le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières et le Ministère de l’Administration Territoriale.

La première chose à faire c’est de faire une carte d’occupation des sols qui va ressortir les zones à risques. Ces zones permettront de déterminer les zones où l’écorce terrestre fragile avec aux préalables des études sur le terrain. Les zones qui présentent des risques sont des zones susceptibles aux éboulements de terrain, glissements de terrain, tremblements de terre, innondations et tout autre phénomène pouvant mettre en danger les populations. Les zones à risques concernent les lits des cours d’eau, les marécages, les flancs des collines, les vallées et de tout autre morphologie du relief par leque un danger peut survenir. Cette phase d’avant la catastrophe est la phase de la prévention ou de la gestion du risque. Cette phase de prévention pour Gouache 4 consiste simplement à viabiliser cette zone en construisant des infrastructures de retention des sols et de canalisations des eaux. Viabiliser cette zone parce que des populations s’y sont deja installées. Ou bien simplement les faire déguerpir pour les recaser sur d’autres sites si le ratio entre la viabilisation et le Déguerpissement/Recasement ne présente pas un intérêt économique.

Pour ce qui concernent les avertissements du Maire de Bafoussam 3e et du Sous-Préfet, on peut noter que ceux-ci sont des avertissements de facades. On aurait voulu que ces administrateurs civils avec la même célérité qu’ils ont eu pour déporter sur Yaoundé quelques militants du MRC, saissisent les ministères en charge de l’habitat, de la production du Sol et de l’Aménagement de la ville pour que ces derniers envoient des brigades d’inspection et de déguerpissement dans une zone à risque comme Ngouatchie.
Ces avertissements doivent être accompagnés des descentes sur le terrain mais aussi des notes adminsitratives pour demander l’autorisation d’exécution en vue du déguerpissement. Ces ministères ayant des démembrements régionaux dans la région de l’Ouest.

Les zones à risques sont des endroits qu’on pourrait bien exploiter pour l’agriculture et d’autres activités. Les pentes des collines peuvent servir à la culture en terrasses pour protéger la cassure de la croute propice aux éboulements. Les vallées sont aussi favorables aux cultures et aux recueillement des eaux pour arroser les plantes si possible. Donc, une zone à risque est faite pour des exploitations agricoles ou d’elevages ou bien la mise en place des sites touristiques. La seule facon de gérer le risque après avoir étudié la vulnérabilité des lieux pour le cas de Gouache était de ne autoriser aucun habitat sur ce site. Une brigade de veille devrait être activée par les autorités pour arrêter toute tentative de construction sur les lieux.

Site du drame

Comment achète-on le terrain dans une zone à risque au Cameroun? D’abord les zones à risques sont interdites de toute activité d’habitat. Donc, elles ne sauraient être mises à une quelconque vente.

Ce que j’ai vu et assisté une fois ailleurs, c’est que tout part du Chef de quartier qui est un autochtone. C’est par lui que tout démarre. C’est lui qui delimite la parcelle. Fixe le prix et signe l’acte de vente avec le client. Nous rappelons que toute cette procédure est illégale. Ensuite, nous allons chez le Sous-Préfet; cette étape et facultative. Le chef de quartier nous dit ensuite que cet administrateur civil va faire une descente pour visiter le lot. On remet pour la circonstance cinquante mille (50 000) francs CFA environ 80 dollars USD, pour qu’il vise le document de vente de terrain signé par le Chef de quartier. Ce jour-là, ce Sous-préfet déclara qu’il n’appose plus sa signature sur des ventes illicites, mais accepte tout de même le pot-de-vin de 50 000 FCFA. L’essentiel pour le Chef de bloc.. Ensuite, vous pouvez demarrer la construction de votre maison sur « votre lot » avec une enveloppe pour dit-on « donner à manger aux autochtones ». Je vous fait fi des discours d’entrée et accolades entre le Chef de quartier et le Sous-préfet qui lui emmene un « gibier ». Au Cameroun ce Chef de quartier peut être une chef de premier, deuxième ou de troisième degré.

La catastrophe survenue à Gouache dans l’arrondissement de bafoussam 3e devrait permettre aux pouvoirs publics de cartographier toutes les zones qui présentent des risques naturels du Cameroun, ensuite mettre en place une reglémentation appropriée pour la mise en valeur de ces zones. Soit au plan agricole, soit pour l’exploitation des zones pour d’autres usages afin que les dites zones soient rentables. C’est la seule facon de gérer le risque que présente cette zone de Gouache. Prenons le risque que présentent nos zones comme des richesses ou des opportunités de développement.

Au coeur de l’habitat dans une zone à risques dans l’Arrondissement de Yaounde 5, Quartier Mvog-Ada. Je vous épargne certaines photos des chambres à coucher.

http://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/11/Ngouathie-remember.jpghttp://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/11/Ngouathie-remember-150x150.jpgGilles TounsiMon Actucatastrophe,evacuation,risque,zone à risqueLe schéma universel de la prévention des catastrophes dans sa phase 1 n'a pas été suivi. 43 morts selon le bilan officiel du drame qu'a connu la ville de Bafoussam principalement au quartier Gouache dans la nuit du 28 au 29 octobre 2019. Le première question qu'on aurait pu se...