La digestion lente et succulente de Express Union par deux Anacondas des Télécommunications se fait dans le cadre des affaires, du business. Au delà de l’étouffement causé par l’étranglement, la gesticulation des uns et des autres disent-ils par patriotisme n’est pas fondée.

La situation sur le terrain
Le mariage entre la finance et les télécommunications se portent toujours très bien. L’une des évolutions majeure des télécommunications est l’implémentation des services financiers en utilisant les réseaux de télécommunications GSM. Qui dit finance, dit argent et ça devient sérieux. Les enjeux sont importants. Sur le terrain actuellement, une grosse bataille se joue entre les opérateurs de téléphonies et une société de transfert d’argent qui voudrait innover en utilisant les réseaux de télécommunications pour augmenter son chiffre d’affaires. (Un marché très ouvert et lucratif mais encore faudrait-il savoir comment se projeter)
Express Union en a à coup sûr perdu des plumes dans cette bataille d’entrée de jeu. Un service traditionnel lourd: la paperasse à remplir, les files d’attentes interminables, des dérangements incroyables et impensables. Mais on y pouvait rien, ils étaient les seuls sur ce marché prometteur et ils s’en sont bien mis dans les poches. Il me revient qu’un ami qui a trois noms se tient devant un guichet avec son bordereau de retrait d’argent, on lui fait savoir qu’on a effectivement effectué un transfert avec deux de ses noms plutôt, un nom et un prénom et que l’opération n’était pas possible à cause de cette imperfection. Pourtant, son contact téléphonique est le même que spécifié par l’expéditeur ainsi que son numéro de bordereau correct.
Il faut donc qu’il recontacte celui-ci pour lui demander de rentrer où il a fait initialement l’opération pour modifier la fiche d’envoi afin qu’il puisse toucher. Ce type de dérangements, il y en a en vrac avec cette société patriote. Des témoignages peuvent faire des romans. Mais, fallait-il que des pythons entre dans le jeu du transfert d’argent pour qu’elle annule tout ça? Aujourd’hui, là-bas, on peut toucher en présentant juste sa pièce d’identité au guichet. Donc, ça pouvait même se faire?

Le découpage des licences en matière de Télécoms au Cameroun
Les autorités de régulation ont mis en place un mécanisme d’exploitation des réseaux de télécommunications permettant à chaque acteur de bien se positionner dans le segment du marché. On doit comprendre que pour être opérateur au Cameroun GSM de premier niveau, on doit passer par un appel d’offres lancé par le Ministère en charge des Télécommunications qui vous attribue une licence d’exploitation de son réseau de télécommunications basée sur l’exploitation des bandes de fréquences. Ces opérateurs disposent d’une infrastructure capable de desservir des communications électroniques composées de SMS, Internet et de la voix (les appels entrants et sortants).

Cependant, les télécommunications possèdent aussi certains services dit SVA (Services à Valeurs ajoutées) Valeurs ajoutées comme des jeux, des Quizz, des centres de Contacts et bien d’autres. Ces Services, l’autorité de régulation délivre à toute personne morale sur demande, une licence d’exploitation pour ces catégories citées plus haut. Seulement, ceux-ci doivent utiliser pour se déployer une interconnexion directe ou indirecte avec les opérateurs de premier rang pour exister et proposer leur services aux usagers. Pour toute personne morale: banques, assurances, PME, etc …. désireuse d’utiliser les réseaux de télécommunications GSM pour valoriser ses services, doit signer un contrat avec les Fournisseurs de Services à Valeurs Ajoutées (FSVA) pour que ceux-ci l’accompagnent à innover, gérer sa relation client et par ce fait augmenter son chiffre d’affaires. La loi autorise aux opérateurs de premier plan à avoir une interconnexion uniquement avec les opérateurs de seconde zone charger d’implémenter les services à valeurs ajoutées à la téléphonie mobile.
Si vous avez une licence d’opérateur majeur, il est impossible d’avoir une licence pour les services FSVA. La loi ne l’autorisant pas et vice-versa
Les opérateurs FSVA, ceux qui détiennent une interconnexion directe avec les opérateurs majeures sont nombreux entre autre LMT AXESS avec qui, Express Union a un contrat de fournitures de services, GTS Infotel, Rhemédia, Mtarget, Voctel et bien d’autres

Théoriquement, Express Union n’a rien à demander à Orange Cameroun, pas plus qu’à MTN Cameroun. Ces derniers ne le connaissent pas. Le contenu du service que EU met à la disposition du public est géré et implémenter par LMT AXESS dans ses serveurs. Orange et MTN assurent un ensemble des informations de service nécessaires à l’établissement et au déroulement de ce service sur le réseau. ça s’appelle en télécommunications la signalisation.

Que dit la loi?
Dans la vie courante, si je fais quelque chose qui n’est ni prévu, ni interdit par la loi. Je ne risque pas de procès.

On a dit que ces opérateurs gardaient l’argent des usagers. Faux.
ils n’ont pas le statut de banques, donc il ne peuvent pas le faire. Ils ont adossé le service à des banques qui ont les missions de garder de l’argent et d’assurer les opérations financières.

On a dit que ces opérateurs faisaient le transfert d’argent aussi. Faux
Ils assurent le transport électronique d’argent vers des banques chargées de les conserver. Est-ce que la licence d’exploitation prévoyait cela? Oui, dans l’expression Data il ya données, il ya information. L’information ou la donnée ARGENT, qui va d’un point à un autre peut se faire sur n’importe quel type de support de transmission. Donc, ils n’ont enfreint la loi nul part.

On dit que les opérateurs collectent de l’argent pour transporter suivant leurs canaux de transmissions. Non, ils ne collectent pas. Le consommateur paye un service de transport de son argent d’un point à un autre pour que le destinataire puisse toucher. Est ce que c’est prévu par la loi? Non. Est ce que c’est interdit par la loi, Non.
Donc, pas de problèmes.

On a dit que ces opérateurs faisaient de la concurrence déloyale à nos sociétés locales de transfert d’argent. Faux.
Nous sommes dans un monde capitaliste, la faille de l’adversaire peut m’aider a augmenté mon chiffre d’affaires par conséquent faire du profit. Doit-on être condamné pour cela?

On a dit que ce n’était pas normal que ces opérateurs coupent le lien d’interconnexion à Express Union. Faux
Si je vends de l’eau dans un quartier aux populations, doit-je être condamné si je décide à qui vendre mon eau en excluant certains clients? Le fait de couper cette Interconnexion ou d’enlever le service Mobile Money du Portail USSD, qui est une expression de MTN Cameroun au départ, repris par Express Union plus tard, ne fait pas de ces opérateurs des condamnés. A tout moment, je peux rompre la fourniture de mes services et les donner à qui je veux. La loi ne peut pas me punir pour cela. Tout dépend du contrat que EU a avec non pas ces opérateurs mais Les fournisseurs de Services à valeurs ajoutées comme LMT Axess ou Infotel GTS.

Cependant, Les responsables de MTN Cameroun affirme n’avoir pas voulu renouveler le contrat de fourniture de services qu’il détient avec LMT AXESS concernant Express Union.
S’il faille qu’un procès existe, c’est à LMT Axess de porter plainte contre ces opérateurs pour coupure de services à Express Union. Parce que c’est lui qui a un contrat de fourniture de services avec Express Union et un autre avec les opérateurs. Mais comme les enjeux sont costaux, LMT AXESS ne saurait perdre la tête un seul instant à défendre les intérêts de EU dans ce dossier. Quitte à perdre tous les contrats qu’il détient déjà avec ces opérateurs (Jeux, Quizz, Centre de contacts Orange 950 et autres services). LMT préfère dire à EU quelque chose de ce genre « moi je n’ai rien contre toi. Je suis ouvert à bosser avec toi. c’est eux qui ont coupé, va les voir ». Sachant que cela ne va rien donner puisque contractuellement EU n’est lié qu’à LMT. L’entre jeu est à un autre niveau: l’argent

Le business c’est le business
Une multinationale qui s’installe dans un pays ne vient pas jouer; elle vient faire du profit. Si Express Union avait la position des ces opérateurs en l’occurrence Orange Cameroun et MTN Cameroon, aurait-elle permis un autre adversaire? d’autant plus que la loi camerounaise ne protège pas forcément les entreprises locales face à la concurrence que les multinationales peuvent imprimer sur le marché.
Avant de se lancer dans un élan de patriotisme et des procès inutiles, on aurait proposer au gouvernement de revoir la position des sociétés étrangères ou multinationales installées au Cameroun vis-à-vis de nos entreprises locales ou bien fixer les règles de jeu dès le départ pour le partage des services, du trafic et des équipements de transmissions. En réalité sur ce dernier volet, est-ce possible de le dire à une multinationale?

Dans un prochain post, nous montrerons pourquoi EU doit obtenir une licence de Fourniture de Services à Valeurs Ajoutées conformément au règlement s’il veut tenir longtemps dans ce business. Encore faudrait-il obtenir une interconnexion directe avec les opérateurs majeurs pour assurer le trafic avec la condition de ne pas jouer sur le même tableau que ces opérateurs là: le transfert d’argent.

Gilles TOUNSI

http://www.limko.cm/wp-content/uploads/2017/10/transfert-1024x683.jpghttp://www.limko.cm/wp-content/uploads/2017/10/transfert-150x150.jpgGilles TounsiOpinionsProjetsBusiness Intelligence,FAI,FSVA,GSM,internet,Money,USSDLa digestion lente et succulente de Express Union par deux Anacondas des Télécommunications se fait dans le cadre des affaires, du business. Au delà de l'étouffement causé par l'étranglement, la gesticulation des uns et des autres disent-ils par patriotisme n'est pas fondée. La situation sur le terrain Le mariage entre...