Le phénomène ne s’observe pas seulement dans la capitale camerounaise mais aussi dans les autres villes du Cameroun

Les cyber-cafés n’ont plus le vent en poupe comme dans les années précédentes. C’était le grand-boom entre les années 2000 et 2014 où, ces endroits avaient de fortes affluences. C’était et c’est même toujours un petit local avec une infrastructure composée de cinq à dix machines toutes connectées au réseau Internet via un fournisseur d’accès. En plus, on dispose d’un scanner, d’une imprimante et d’un service de secrétariat pour les saisies. Edouard M. gérant à l’époque d’un point Internet faisait des recettes journalières de l’ordre de vingt à trente mille francs CFA sans compter les services comme les saisies, les « scannes » et les impressions de documents. Il ouvrait le matin à 8 heures et refermait à 22 heures pour revenir le lendemain, un jour après. Sa journée de repos, l’autre gérant assurait le service. Seulement à partir de l’année 2014, on a commencé à observer la chute progressive des recettes. Entre autre, il fallait payer la redevance du forfait mensuel au fournisseur de service internet, un opérateur GSM. Plusieurs facteurs peuvent expliquer la chute des recettes ayant entrainé la fermeture de la plupart des cyber-cafés au Cameroun.  Il y a dans un premier temps les coûts d’accès à Internet. Les opérateurs GSM assurant la majeure partie de la fourniture internet parce que leurs infrastructures couvrent les agglomérations principales situées dans les zones urbaines. Ces infrastructures ont évolué dans le sens de s’arrimer aux nouvelles technologies de transports de données tels que la 3G et la 4G assurées par Orange Cameroun, MTN Cameroun et Nexttel. Plus le nombre d’abonnés croient, plus on dimensionne ces infrastructures pour les accueillir. Cette augmentation du nombre d’abonnés a joué sur le chiffre d’affaire des opérateurs qui, eux ont compris que le marché de l’Internet devait s’ouvrir en entrainant avec lui de nouveaux services.

Le deuxième facteur est lié aux coûts d’acquisition des smartphones. Surtout ceux tournant avec le système d’exploitation Android. Google aura vite fait de comprendre que l’internet se fera en se déplaçant avec son mobile, d’où la nécessité de mettre au point un système capable de s’installer dans les smartphones et dont l’utilisation sera simple pour tout utilisateur même illettré. Aujourd’hui sur le marché, on peut acquérir un smartphone avec une somme de 25 000 FCFA, soit environ 40 euros. Ce smartphone n’aura pas les mêmes caractéristiques que  celui qui coute cent ou cent cinquante mille francs CFA. Mais il aura la capacité d’être connecté à Internet. Ce facteur est le plus pertinent. Il concerne tant les smartphones que les ordinateurs portables ou de bureau. On peut faire un rapprochement entre les débits qui ont augmentés si on s’en tient à la Loi de Gilder selon laquelle la bande passante double tous les ans (Gilder, 1990) et parallèlement, les capacités de stockage de ces outils qui doublent tous les deux ans (Moore) à coût constant. L’arrivée sur le marché des ordinateurs portables « low-cost » a contribué également à diminuer drastiquement les entrées dans les cyber-cafés. Les ordinateurs portables d’occasions ont inondé le marché.

Une société de la place avec son concept de Cyberlink a tenté sans succès de bousculer ce nouvel ordre de choses qui se mettait en place par la force des débits imprimée par les opérateurs GSM. Cette structure, Fournisseur d’Accès à Internet a ouvert des points internet dans les coins stratégiques de la ville avec un accent sur le confort : salle climatisée et chaises en cuir. Ces derniers accompagnés du très haut débit  avait pour habitude de repousser tous ceux qui voulaient souscrire à un forfait mensuel pour les services de cyber-cafés de donner aux clients le prix d’une redevance hors du commun. Apres des calculs faits, vous comprenez bien qu’ils vous ont refusé poliment l’accès à Internet parce que vous allez devenir un concurrent sérieux plus tard sur le marché. Mais ce phénomène tous azimuts de cyber-café « made Cyberlink » est entrain de mourir de sa propre mort dû aux faits du rythme imprimé par les opérateurs GSM détenteurs d’une couverture nationale au niveau des grandes agglomérations. Le passage de quelques opérateurs à la 4G, ne l’aurait pas impressionné. Y compris la baisse du cout d’accès à l’internet mobile via le smartphone et le doublement voire le triplement des débits.

L’étudiant devant son ordinateur portable équipé de Wi-Fi peut recevoir la connexion internet venant de son smartphone directement et travailler à la maison loin des regards des autres. Ce qui renforce une certaine confidentialité dans son travail. Notre étudiant ne fera le déplacement dans un secrétariat que pour faire soit des impressions ou faire des scanners de documents. Certains propriétaires voyant le danger venir, ont converti le cyber-café en secrétariat. On trouve entre autre juste deux machines dédiées où les clients peuvent surfer et effectuer d’autres services. Ces derniers sont constitués d’un copieur, du Fax par Internet, du scanner et de la vente du matériel de bureau : Chemise cartonnée, stylos, encriers, rame de papier. D’autres par contre ont fermé progressivement boutique. Le consommateur ayant fait son choix parce qu’il est guidé par deux choses : l’augmentation des débits et la baisse des couts d’accès à Internet. Deux choses portées par les infrastructures détenues par les opérateurs GSM.

http://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/07/CyberCafe.jpghttp://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/07/CyberCafe-150x150.jpgGilles TounsiMon ActuOpinions2G 3G 4G 5G,Cyber-café,Cyberlink,FAI,Gilder,GSM,internet,Meltcafe,MooreLe phénomène ne s’observe pas seulement dans la capitale camerounaise mais aussi dans les autres villes du Cameroun Les cyber-cafés n’ont plus le vent en poupe comme dans les années précédentes. C’était le grand-boom entre les années 2000 et 2014 où, ces endroits avaient de fortes affluences. C’était et c’est même toujours...