Obtenir un titre foncier Ă partir d’un terrain non titrĂ©.
La premiĂšre chose Ă connaitre c’est que tous les terrains titrĂ©s ont d’abord Ă©tĂ© des terrains non-titrĂ©s au dĂ©part. Les propriĂ©taires de ces terrains ont pris la peine de leur attribuer une existence lĂ©gale donc de les immatriculer dans les livres fonciers de la conservation.
Comme toutes les terres appartiennent Ă lâĂtat, que ce soit les terres de premiĂšre catĂ©gorie ou de deuxiĂšme catĂ©gorie, le lĂ©gislateur a prĂ©vu des moyens de donner une existence lĂ©gale Ă vos terres, donc en les « titrant ». Le titre foncier est la certification officielle de la propriĂ©tĂ© immobiliĂšre.
Souvenez-vous que vous avez dĂ©jĂ eu Ă payer la redevance fonciĂšre (taxe fonciĂšre) alors que votre terrain n’Ă©tait pas titrĂ©. Elle se faisait par simple dĂ©claration auprĂšs des impĂŽts. C’est parce que l’Etat sait qu’Ă tout moment ce terrain non-titrĂ© qui vous sert de domicile parce que vous avez construit dessus peut ĂȘtre titrĂ© Ă tout moment.
Des lors, deux voies s’ouvrent pour ces terrains qui n’ont pas de titres d’avoir un titre foncier. Il s’agit de l’immatriculation directe ou de la l’immatriculation par la voie de concession. L’immatriculation directe est facile, moins couteuse et rapide par rapport Ă la concession. Par ailleurs les mises en valeur doivent ĂȘtre antĂ©rieurs Ă 1974, date de la premiĂšre ordonnance fixant le rĂ©gime foncier et le rĂ©gime domanial au Cameroun. La loi ne dit pas que vous devez ĂȘtre nĂ© avant 1974. On parle de mise en valeur. Les mises en valeurs couvrent des constructions, projets agricoles ou industriels etc
La voie de concession est la voie la plus plausible car elle est solide et inattaquable. Les bases juridiques de cette voie sont :
– Le dĂ©cret n°76/166 du 27 avril 1976 fixant les modalitĂ©s de gestion du domaine national ;
– Lâinstruction N°000009/Y.18/MINDCAF/D300/du 29 dĂ©cembre 2005 relative Ă lâinstruction des dossiers de demande dâattribution en concession ou en bail sur le domaine national ;

Selon la loi suivante, vous devez vous trouvez dans une position d’originaire de la contrĂ©e pour que cet article s’applique Ă vous.
ART. 9. – Sont habilitĂ©es Ă solliciter l’obtention d’un titre foncier sur une dĂ©pendance du domaine national qu’elles occupent ou exploitent:
a) Les collectivitĂ©s coutumiĂšres, leurs membres ou toute autre personne de nationalitĂ© camerounaise, Ă condition que l’occupation ou l’exploitation soit antĂ©rieure au 5 aoĂ»t 1974, date de publication de l’ordonnance n° 74-1 du 6 juillet 1974, fixant le rĂ©gime foncier.
Cependant, en tenant compte des migrations, des dĂ©placements des personnes et des familles entre les rĂ©gions et des conditions financiĂšres des dĂ©tenteurs de terres, l’Etat a prĂ©vu d’autres voies d’obtention des titres de propriĂ©tĂ© immobiliĂšre.
Le domaine national comprend deux dépendances à savoir : le domaine national de premiÚre catégorie et le domaine national de deuxiÚme catégorie.
Le domaine national de premiÚre catégorie comprend :
- les terrains dâhabitation, de culture, de plantation, de pĂąturage et de parcours.
- les terres mises en valeur avant le 05 aout 1974.
L’immatriculation directe est concernĂ©e par le domaine national de premiĂšre catĂ©gorie
Le domaine national de 2e catĂ©gorie comprend toutes les terres libres de toute occupation effective. La Concession, le bail ou l’affectation est concernĂ©e par le domaine de deuxiĂšme catĂ©gorie.
Toutes ces deux modalitĂ©s d’accĂšs Ă la terre (Concession et immatriculation directe) aboutissent Ă la dĂ©livrance d’un Titre Foncier. Et vous allez toujours continuer Ă payer votre taxe fonciĂšre mĂȘme si vous le faisiez avant avec le mĂȘme terrain non-titrĂ© qui est devenu titrĂ©. Ce document est officiel et rattachĂ© au systĂšme national d’information cadastral.
Attention !!!
Les parcelles situĂ©es dans les zones dĂ©clarĂ©es inconstructibles sont d’office exclues de la procĂ©dure de l’obtention d’un titre foncier. Ces zones sont classĂ©es non aeficandi (non constructibles). Ces zones, dĂ©terminĂ©es par un Plan Local d’AmĂ©nagement, ne peuvent recevoir aucun Ă©difice, aucune construction, aucun logement du fait de contraintes environnementales. Base juridique : loi n° 2004/003 du 21 avril 2004, rĂ©gissant l’urbanisme, lâamĂ©nagement urbain et la construction sur lâensemble du territoire Camerounais. Au Cameroun, nous avons entres autres comme zones interdit de toute construction les marĂ©cages, les versants escarpĂ©s, autour des puits de pĂ©trole, autour des stations-services suivant la distance rĂ©glementaire de sĂ©curitĂ©, aux alentours des aĂ©roports etc.âŠ
Si vous avez bĂąti dans le marĂ©cage, cela ne vous absout pas de payer votre redevance fonciĂšre. Toutes les terres appartiennent Ă l’Etat mĂȘme celles qui sont dĂ©clarĂ©es inconstructibles.













