Ce qui reste de cette mission est la construction d’un mausolée à la mémoire de l’équipage de l’aéronef. L’appareil qui avait à bord cinq personnes dont un photographe selon les noms gravés sur la plaque et plus de cinq personnes selon deux témoins (qui ont aujourd’hui entre 85 et 90 ans) avait pour objectif de faire des photographies sur le paysage Camerounais en vue de produire la carte du Cameroun sous plusieurs aspects.

Mars 2021

La localité de Nkolafamba, qui ne portait pas ce nom pendant la période de la deuxième guerre mondiale 39-45, porte les traces de cette mission avec notamment l’hélice de l’avion au centre de la localité et dont le nom de « hélice avion » a été donné comme repère. L’avion qui s’était écrasé à six kilomètres de là, dans le village d’Ekom, avait vu son hélice à la demande du Chef supérieur Bene, déplacé pour le centre. Carrefour « hélice avion » est sur l’ancienne route de l’axe lourd Yaoundé-Ayos-Akonolinga et dont l’hôtel de ville est nouvellement construite aujourd’hui.

Lieu-dit « Carrefour Helice Avion », Nkol-Afamba

Selon les témoins, les membres de l’équipage constitués des mécaniciens Louis P. et Robert S., du navigateur Pierre D., du photographe Jean C. et du pilote Pierre S. n’ayant pas reçu l’autorisation du haut commissaire d’atterrir avaient décidé de poser leur avion tout de même dans la forêt. On dit par ailleurs aussi que les français présents au Cameroun pensait que l’avion en question était un avion allemand préparant une attaque au Cameroun. Une autre version fait état de ce que les autorités coloniales de l’époque n’avaient reçu aucune notification de la métropole sur la présence de cet avion et par conséquent n’était pas au courant de la mission photographique de l’IGN, l’Institut Géographique National d’où le refus de laisser l’objet volant se poser.

Palais de la Cheferrie Bene, Nkol-Afamba, Mars 2021

Une autre version signale que l’appareil avait eu une panne et cherchait absolument à se poser avant de finir son vol dans la forêt dans une zone marécageuse. On dit même que le cadavre du navigateur a été retrouvé hors de l’appareil parce qu’il aurait sauté de l’objet volant. La place dédiée à la mémoire des occupants de l’avion mentionne que l’équipage était en service commandé au cours d’une mission mission photographique de l’Institut Géographique National un 11 Mars.

Hôtel de ville de Nkol-Afamba, Mars 2021

Dans tous les cas, au nom de la géographie, le Cameroun possède des traces d’une mission dans la constitution de son patrimoine spatial. Les géographes français tels que Réné Letouzey à qui ont doit la carte phylogéographique du Cameroun, Georges Bachelier et André Franqueville s’en sont grandement inspiré certainement pour la production de leurs travaux sur le Cameroun. En ce printemps du 11 Mars de la deuxième guerre mondiale, un évènement tragique se produisit au cœur de la forêt Camerounaise. Imaginons cet endroit en 1941, 1942, 1943, 1944 ou 1945, ce carrefour est aujourdhui un lieu de repère pour l’arrondissement de Nkol-Afamba.

(c) Mars 2021

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