La maitrise de la souveraineté numérique est un processus ou une bataille de longue haleine.

La première partie de ce post exposait sur les difficultés qu’ont les africains par le canal de leurs administrations à pouvoir gérer les données personnelles ou professionnelles issues de leurs activités. Nous avons utilisé l’argument de l’installation des services comme la conception de la Carte Nationale d’identité qui était un service fourni par les firmes occidentales. On a vu le fait que tous les logiciels d’acquisition des données pour établir une Carte Nationale jusqu’à sa production étaient des conceptions occidentales. Ce qui nous rendait lié mains et pieds puisque la gestion de nos données personnelles n’avait pas pour socle les logiciels embarquant toute la technologie nécessaire de marque africaine ou bien des logiciels crées par le pays africain qui veut mettre sur pied son système de Gestion de Carte Nationale d’identité. Seulement ce fait. L’établissement de la CNI est basé sur des technologies qui ne nous permettent pas de contrôler nous-mêmes nos données personnelles. Allez donc comprendre pourquoi la Chine, encore elle, s’est détachée des applications qu’elle-même ne pouvait pas contrôler jusqu’à créer son propre moteur de recherche.

La plupart des administrations publiques africaines se sont dotées de programmes ou systèmes informatiques chargés de gérer les carrières des fonctionnaires par exemple. Nous pouvons imaginer un pays avec trois cent mille (300 000) fonctionnaires actifs. Autour d’un fonctionnaire, observez la masse d’informations qui gravitent autour de lui en termes de données, d’informations et de renseignements (ces trois notions sont toutes différentes. Je reviendrai dans un post plus tard là-dessus) que ces programmes peuvent stocker. Une interprétation des données sur un individu dans cette base va aboutir à une connaissance approfondie d’un fonctionnaire. On veut simplement dire ici que toutes les informations qui représentent les données personnelles dans la plupart des pays africains sont stockés dans des logiciels dont eux-mêmes n’ont pas la parfaite maitrise de l’origine.

La Chine a mis en place des systèmes alternatifs pour ne pas dépendre des technologies venant d’ailleurs et surtout fabriqués par l’occident. Cette alternative lui a permis d’échapper à l’utilisation des logiciels dont elle-même n’a pas la main mise dessus et de ce fait de renforcer sa souveraineté numérique. Et depuis plusieurs décennies la Chine s’est préparée à créer des projets industriels qui concourent à sa souveraineté numérique. Cette industrie numérique va du matériel au logiciel. Gael Duval, cofondateur de Mandrakesoft, éditeur du système d’exploitation Mandriva Linux et fondateur de Ulteo SAS, précise que c’est « toute la chaîne du numérique qui doit être reconquise : systèmes d’exploitations, services internet (email, outils de bureautique, réseaux sociaux, cartographie, APIs…), jusqu’au matériel« . Pour les Etats, la maitrise de sa souveraineté numérique dépasse le simple fait d’acquérir, de stocker ou de transmettre des données. Il faut toute une politique industrielle des Technologies de l’Information et de la Communication. La protection des données issues des recherches sur Internet est un enjeu important pour la souveraineté numérique. L’alternative pour la France est de privilégier son moteur de recherche Qwant par rapport à Google.

http://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/06/Data-Privacy.jpghttp://www.limko.cm/wp-content/uploads/2019/06/Data-Privacy-150x150.jpgGilles TounsiMon ActuOpinionsAfrique,Chine,Données personnelles,Logiciels,souveraineté numérique,SystèmesLa maitrise de la souveraineté numérique est un processus ou une bataille de longue haleine. La première partie de ce post exposait sur les difficultés qu'ont les africains par le canal de leurs administrations à pouvoir gérer les données personnelles ou professionnelles issues de leurs activités. Nous avons utilisé l'argument de...