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Sujets muets en recherche quantitative : enjeux et méthodes

C’est une pratique courante dans nos activités de recherche, que ce soit pour la rédaction d’un rapport, d’un article ou pour améliorer la qualité d’une thèse ou d’un mémoire : l’interrogation des sujets silencieux. Ce sont ces thèmes qui sont muets. Des sujets avec lesquels il est impossible de discuter. Des sujets en effet qui possèdent des informations à partager, et un sondage numérique via KoboToolbox (par exemple) pourrait se révéler utile pour collecter des informations de grande valeur.

Dans la recherche qualitative, si l’entretien est mené avec des individus et que la taille de l’échantillon est déterminée par une saturation théorique, l’enquête est finalement interrompue lorsque les nouvelles informations obtenues des entretiens ne viennent plus apporter de valeur ajoutée. En revanche, dans le contexte de la recherche quantitative, l’utilisation d’un questionnaire peut également s’effectuer avec des participants qui ne dialoguent verbalement avec l’enquêteur, mais qui fournissent suffisamment d’informations pour des analyses numériques. Nous concentrons notre attention sur les environnements forestiers et urbains pour clarifier notre discours. Le premier a pour objectif d’examiner les traits d’une espèce en milieu forestier tandis que le second vise à effectuer une évaluation des équipements classés dangereux.

Nous voulons procéder à un inventaire des espèces d’arbres des forêts équatoriales et tropicales, notamment celles du bassin du Congo. Un comptage de terrain dans une forêt au Cameroun peut révéler les espèces suivantes : Sapelli (Entandrophragma cylindricum), Ayous ou obéché (Triplochiton scleroxylon), Fraké ou limba (Terminalia superba), Sipo (Entandrophragma utile), Iroko (Milicia excelsa). Bien entendu que les espèces varient selon la localisation des forêts. Ainsi les forêts humides du Sud et de l’Est habitent des espèces différentes des forêts tropicales ou des forêts de transition. Les espèces dominantes et les dimensions des troncs peuvent varier sensiblement entre ces milieux. L’exemple pris pour inventorier ces sujets muets dans leur milieu nous amène à déterminer la taille ou sa hauteur, le diamètre du tronc et l’habitat. En raison de la complexité du système forestier, cet inventaire requiert des outils pour évaluer avec précision les caractéristiques des arbres. On peut citer pour les mesures du tronc, le ruban dendrométrique, le compas forestier (mesure du diamètre du tronc en centimètre). Pour la hauteur des arbres, on peut citer l’hypsomètre laser (mesure la hauteur totale d’un arbre en mètre), le clinomètre forestier (mesure l’angle vers le sommet de l’arbre en pourcentage), la perche graduée (mesurer la hauteur des jeunes arbres et des petits individus) et pour l’étude de l’habitat forestier, nous avons l’incontournable recepteur GPS, le pH-mètre de sol (mesure l’acidité ou l’alcalinité du sol, données en pH), le humidimètre de sol (estimation de l’humidité du sol), le densiomètre forestier (étudie la densité de la végétation et la disponibilité de la lumière) …enfin on peut mettre à profit des outils numériques et géospatiaux (télédétection et images satellites, QGIS, Google Earth Engine, Sentinel-2, drones…) pour mesurer les dynamiques du milieu. A partir des données captées et enregistrées via un questionnaire embarqué dans un formulaire digitalisé, il est possible de faire des évaluations précises sur le milieu forestier qu’on étudie en ressortant des informations chiffrées qui est l’une caractéristiques de la recherche quantitative.

canopé

Allons dans le milieu urbain pour faire parler ces sujets qui ne peuvent pas s’exprimer : le cas des stations-services dans la ville de Yaoundé ou de Douala. La station-service est une installation équipée pour assurer la réception, la conservation et la vente au détail des carburants automobiles et éventuellement d’autres produits pétroliers tels que les huiles, les lubrifiants. Elle présente des caractéristiques qui sont chiffrables à l’issue d’une enquête. On peut citer la taille et la taille des cuves, les services disponibles en dehors de la vente de carburant et des lubrifiants, l’age de la station, le nombre de marketeur, l’implantation de la station (sur axe ou sur carrefour), l’aire de dépotage (isolée ou bien dans les cuves enterrées, les types d’énergie pour assurer la continuité du service en cas de coupure du réseau national), le type de voisinage (Vulnérabilité humaine) et le voisinage immédiat (maisons d’habitations, installations commerciales etc.), l’accessibilité de la station en cas d’intervention des sapeurs-pompiers, les types d’usages rencontrés – Dynamiques d’usages (commerces présents autour de la stations, évaluation de la distance de sécurité d’avec les environs, présence des équipements de sécurité dans la station-service et la géolocalisation de la station. Ces informations sont captables à l’aide des outils tels que le récepteur GPS, l’imagerie géospatiale pour mesurer les distances entre les stations services et l’habitat résidentiel, l’appareil photo et le drone. La liste des outils est non-exhaustive que nous nous trouvons en milieu forestier ou urbain. Avec les différents points GPS captés il est possible de ressortir une carte présentant la distribution spatiale des stations-services dans la ville. Avec l’outil mesure de QGIS, on peut mesurer la distance entre un marketeur et l’habitat. On peut compter le nombre de stations-services par marketeur à l’aide d’une modélisation géospatiale propre au comptage. On peut enfin chiffrer l’Indice de Vulnérabilité Globale (IVG) de chaque station ou de chaque arrondissement par rapport aux stations-services situées dans le territoire.

Un questionnaire quantitatif porte tout aussi bien sur des sujets avec qui on peut entretenir un dialogue que des sujets avec qui on ne peut pas s’entretenir verbalement. Il convient de rappeler que le questionnaire pour des raisons d’administration et d’efficacité doit être numérisé. Cette technique contient quelques fonctionnalités supplémentaires comme la prise d’un point GPS ou bien la prise d’une photographie.

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