Le contrat étalé sur dix ans est une première pour un pays recouvert à 88 pour-cent de forêts

L’accord sur le montant de 150 millions de dollars que la Norvège met à la disposition du Gabon pour la préservation de ses forêts naturelles fait de ce pays le tout premier à recevoir des paiements pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serres et pour l’absorption du dioxyde de carbone par ses forêts. Ce paiement matérialise le mécanisme de financement de la REDD+, qui est la concrétisation parfaite ou le prolongement de la REDD, où les pays dont le couvert végétal constitué de forêts qui captent beaucoup plus de dioxyde de carbone seront payés pour maintenir leurs forêts intactes afin de préserver les ressources naturelles.

REDD est l’acronyme de Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation. Le concept est lié à un ensemble d’objectifs à atteindre pour la durabilité des forêts et intègre un mécanisme de financement consistant à rémunérer les pays à fort potentiel forestier pour la réduction de la déforestation et de la dégradation de leurs ressources forestières dénommée REDD Plus. Ceci en construisant l’idée selon laquelle la mise en oeuvre de REDD+ devra plutôt apporter un soutien aux communautés rurales et aux peuples autochtones des forêts. A l’heure actuelle, les technologies spatiales (télédétection, photogrammétrie, drône ) et la méthodologie MRV (Monitoring, Reporting and Verification) permettent de suivre les changements des couverts végétaux notamment forestier. Le premier pour évaluer la dégradation du couvert en termes de superficies et l’autre pour le suivi-évaluation des émissions au fil du temps.

Selon, l’Initiative pour la forêt de l’Afrique Centrale (CAFI), le Gabon a préservé la majorité de sa forêt vierge protégée depuis le début des années 2000 en créant 13 parcs nationaux, dont l’un est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Entre autre, le pays possède douze pour-cent des forêts du bassin du Congo et héberge près de 60 pour-cent des éléphants de forêt qui subsistent en Afrique – un indicateur clé de la bonne gestion des ressources naturelles.

Forest elephant by the beach Loango National Park in Gabon
Forest elephant by the beach Loango National Park in Gabon
(c) inyathi

Cet appui financier permettra au Gabon, qui a une forte couverture forestière et un faible taux de déforestation, de maintenir 98 pour-cent de son couvert forestier. Le prix plancher du carbone est fixé à 10 dollars la tonne pour les résultats avec certification et 5 dollars pour les résultats non certifiés. Ce prix de la tonne de dioxyde de carbone est le double de ce qui a été prévu, ceci pour amener ou inciter les autres pays à suivre l’exemple du Gabon et à prouver que les paiements REDD+ sont une réalité qui peuvent augmenter les revenus des pays forestiers d’Afrique Centrale. Le changement climatique étant globale, les forêts tropicales de la région de l’Afrique Centrale arrivent à stocker jusqu’à 70 milliards de tonnes de carbone, équivalent à 5 à 10 années d’émissions mondiales de gaz à effet de serres.

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